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Attestation de vigilance et sous-traitance BTP : ce que dit la loi en 2026

Entreprises1 septembre 20266 min de lecture

Dès qu'un contrat de sous-traitance atteint 5 000 € HT, l'entreprise donneuse d'ordre a l'obligation légale de vérifier que son sous-traitant est en règle avec ses obligations sociales et fiscales — c'est le devoir de vigilance prévu par le code du travail. En 2026, cette vérification passe par un document précis, l'attestation de vigilance URSSAF, et engage la responsabilité de l'entreprise en cas de contrôle. Voici ce qu'il faut vérifier, quand, et ce que vous risquez si vous sautez l'étape.

Qu'est-ce que l'attestation de vigilance et quand devient-elle obligatoire ?

L'attestation de vigilance est un document délivré par l'URSSAF qui confirme que le sous-traitant est à jour de ses déclarations et paiements de cotisations sociales. Elle devient obligatoire dès que le contrat de sous-traitance atteint 5 000 € HT, que ce montant soit atteint en une seule fois ou cumulé sur plusieurs prestations avec le même sous-traitant.

En dessous de ce seuil, aucune obligation légale ne s'impose, mais demander le document reste une bonne pratique : un sous-traitant qui ne peut pas produire une attestation à jour, même pour un petit chantier, envoie un signal qui mérite d'être creusé avant de signer quoi que ce soit. Le seuil de 5 000 € s'apprécie par sous-traitant et par année civile, pas par chantier isolé — un donneur d'ordre qui travaille régulièrement avec le même artisan doit donc suivre ce cumul.

Concrètement, l'attestation elle-même est délivrée par l'URSSAF au sous-traitant, qui la transmet ensuite au donneur d'ordre — l'entreprise qui sous-traite n'a pas à la demander directement à l'administration. Ce document mentionne le nom de l'entreprise contrôlée, son numéro de SIRET, et confirme l'absence d'irrégularité constatée à la date d'émission. Il ne remplace pas les autres vérifications à mener (immatriculation, assurances) : c'est une pièce parmi d'autres dans le dossier de vigilance, pas une garantie à elle seule de la fiabilité globale du sous-traitant.

Quels documents demander à un sous-traitant avant de signer ?

Trois documents sont incontournables avant tout démarrage de chantier : l'extrait d'immatriculation (RNE ou Kbis de moins de 3 mois), l'attestation de vigilance URSSAF de moins de 6 mois, et les attestations d'assurance couvrant les travaux confiés — RC professionnelle systématique, décennale pour les ouvrages structurels ou de second œuvre concernés par la garantie.

Pour un sous-traitant étranger qui détache du personnel en France, deux pièces s'ajoutent : une attestation équivalente délivrée par son organisme de protection sociale d'origine, et la déclaration préalable de détachement. Ces documents se demandent avant la signature du contrat, pas après le début des travaux — un chantier commencé sans vérification complique ensuite toute régularisation.

DocumentObligatoire dèsValiditéÀ vérifier
Attestation de vigilance URSSAF5 000 € HT du contrat6 moisDate d'émission, nom du sous-traitant
Extrait d'immatriculation (RNE/Kbis)Tout contrat3 moisActivité déclarée cohérente avec le lot
Assurance RC professionnelleTout contratSelon policeCouverture des travaux confiés
Assurance décennaleOuvrages structurels/second œuvreSelon policeActivités couvertes, chantier en cours

Quelle responsabilité pour l'entreprise en cas de travail dissimulé chez son sous-traitant ?

Si un contrôle révèle du travail dissimulé chez un sous-traitant et que l'entreprise donneuse d'ordre n'a pas procédé à la vérification obligatoire, sa responsabilité solidaire peut être engagée : elle devient redevable, avec le sous-traitant, du paiement des impôts, cotisations et pénalités dus au titre de ce travail dissimulé. Cette solidarité financière s'ajoute aux éventuelles conséquences sur la poursuite du chantier.

À l'inverse, une entreprise qui peut prouver qu'elle a demandé et conservé une attestation de vigilance valide au moment de la signature limite fortement ce risque, même si le sous-traitant se révèle ensuite en infraction sur des faits postérieurs à la vérification. C'est tout l'intérêt de conserver une copie datée de chaque document collecté : en cas de contrôle de l'URSSAF ou de l'inspection du travail, c'est cette preuve de diligence qui protège l'entreprise, pas la bonne foi déclarée après coup.

Au-delà de la solidarité financière, un manquement caractérisé à l'obligation de vigilance peut aussi être retenu comme un élément à charge si l'entreprise donneuse d'ordre est elle-même mise en cause pour recours au travail dissimulé — notamment si elle a continué à faire travailler un sous-traitant dont elle savait, ou aurait dû savoir, qu'il n'était pas en règle. D'où l'intérêt de documenter systématiquement chaque vérification, y compris quand elle ne révèle rien d'anormal : l'absence de trace écrite complique toute défense a posteriori.

Comment vérifier concrètement une attestation de vigilance ?

Vérifier une attestation de vigilance suppose de contrôler trois éléments simples : la date d'émission (elle ne doit pas dépasser 6 mois au moment de la signature ni pendant toute la durée du chantier), le nom et le numéro de SIRET du sous-traitant qui doivent correspondre exactement au contrat signé, et l'absence de mention d'irrégularité sur le document.

Un chantier qui s'étale sur plus de 6 mois impose de redemander une attestation à jour avant l'échéance de la précédente — c'est une obligation de suivi continu, pas une vérification ponctuelle en début de contrat. Beaucoup d'entreprises se contentent de la première demande et perdent ensuite la visibilité sur la validité réelle du document au fil du chantier, ce qui les expose sans qu'elles s'en rendent compte.

Dans les faits, tenir ce suivi à la main devient vite lourd dès que plusieurs sous-traitants interviennent en parallèle sur des chantiers différents : un tableau de suivi avec date d'émission et date d'échéance par sous-traitant, même simple, évite l'oubli qui coûte le plus cher — celui d'une attestation expirée depuis plusieurs semaines sans que personne ne s'en aperçoive avant un contrôle.

Un contrat de sous-traitance écrit, même court, formalise l'obligation pour le sous-traitant de fournir ces documents à échéance régulière — c'est une clause simple à intégrer qui évite d'avoir à relancer chaque partenaire au cas par cas.

Vigilance et paiement : deux obligations liées

L'obligation de vigilance ne se limite pas à la signature du contrat : elle accompagne toute la relation avec le sous-traitant, y compris au moment de payer les factures. Une entreprise qui continue de régler des factures à un sous-traitant dont l'attestation de vigilance a expiré, sans redemander de document à jour, s'expose au même risque de solidarité financière qu'en début de chantier.

C'est pourquoi les entreprises les plus rigoureuses intègrent cette vérification dans leur processus de paiement, pas seulement dans leur processus de sélection en amont — quand elles cherchent un sous-traitant, le premier filtre porte déjà sur la capacité à fournir des documents à jour et à les renouveler sans relance.

Comment Bob sécurise la vigilance obligatoire pour les entreprises

Sur le réseau Bob, chaque artisan indépendant est vérifié en amont — immatriculation, attestation de vigilance URSSAF et assurances contrôlées avant d'être visible par les entreprises — et ce contrôle est renouvelé dans le temps, sans que vous ayez à relancer chaque sous-traitant individuellement. Vous conservez la preuve de diligence sans y consacrer un temps de gestion administrative supplémentaire, chantier après chantier.

Le contrat de sous-traitance signé électroniquement sur Bob intègre cette obligation documentaire et le paiement reste sécurisé jusqu'à la réception des travaux, ce qui simplifie le suivi côté entreprise comme côté artisan.

Questions fréquentes

L'attestation de vigilance est-elle obligatoire pour tous les contrats de sous-traitance ?

Non, elle devient obligatoire dès que le contrat atteint 5 000 € HT, en une ou plusieurs fois sur la même prestation. En dessous de ce seuil, la vérification reste recommandée mais n'est pas une obligation légale au titre du devoir de vigilance.

Que risque une entreprise qui ne vérifie pas l'attestation de vigilance de son sous-traitant ?

Elle s'expose à une solidarité financière avec le sous-traitant en cas de travail dissimulé constaté — paiement des impôts, cotisations et pénalités dus par ce dernier — ainsi qu'à des sanctions propres au manquement à l'obligation de vigilance.

Combien de temps est valable une attestation de vigilance ?

Six mois à compter de sa date d'émission par l'URSSAF. Pour un chantier qui dépasse cette durée, l'entreprise donneuse d'ordre doit redemander une attestation à jour à son sous-traitant avant l'échéance.

Quels documents demander en plus de l'attestation de vigilance ?

L'extrait d'immatriculation (RNE ou Kbis de moins de 3 mois), les attestations d'assurance (RC professionnelle systématique, décennale pour les ouvrages concernés), et une pièce d'identité du dirigeant pour une entreprise étrangère intervenant en France.


Publié par Bob — le réseau des artisans BTP indépendants et vérifiés d'Île-de-France.